La LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), née en 1912, a pour objectif la protection des oiseaux et des milieux qui les accueillent par tous types d'actions : connaissances, études scientifiques, gestion des milieux naturels mais aussi sensibilisation du public.
C'est à Lavoûte-Chilhac que la LPO Auvergne est située : elle propose de découvrir les rapaces mais aussi la nature généreuse du site à travers une visite à la Maison des Oiseaux et lors de séjours et de nombreuses balades nature. Dans l'enceinte même, on y découvre des expositions, un diaporama d'une quarantaine d'espèces d'oiseaux du Haut-Allier dans leur domaine, réalisées à l'échelle par un artiste, et un amphithéâtre permettant aussi la projection de films sur la faune régionale.
Sur la trace du Milan Royal
Les Oreilles dressées, armés de jumelles et de chaussures confortables, sept visiteurs aux yeux de Lynx partent de bonne matinée à la découverte du «Milvus Milvus». La marche à peine entamée, un chant d'oiseau attire l'attention de la petite troupe qui se précipite sur les jumelles pour apercevoir de quelle espèce il s'agit. « C'est un Serin cini, généralement jaune marqué de noir », lance le Guide Rémy Désécures. « C'est un jeune oiseau, il a encore son duvet » remarque ensuite la jeune fille de Mme Croizer, venue en famille pour cette visite.
La balade continue, les observations se font nombreuses et chaque espèce est prise pour cible par les jumelles. Arrivé en hauteur au pied d'un cadre naturel où la faune et la flore semblent se disputer la vedette avec les paysages, les yeux se rivent sur le fameux Milan Royal ...
Sous les ailes du Milan Royal
Au premier abord, l'oiseau se reconnaît au vol à sa queue longue et profondément échancrée. Au contraire du Milan noir, pour l'essentiel vêtu de sombre, le dessus de la queue du Milan Royal est brun-roux. Son spectre alimentaire est varié : déchets, petits mammifères, oiseaux, poissons, lézards, batraciens, insectes, lombrics.
Les Milans Royaux sont fidèles tant en amour que concernant leur nid, qu'ils peuvent garder pendant plusieurs années en restant généralement sur le même secteur.
Une espèce protégée
Le Milan Royal est en plein déclin actuellement : à l' Est de la France on n'en trouve quasiment plus en Hiver. La réduction des populations au niveau international est due à deux catégories de menaces. D'une part, les menaces indirectes, relatives à l'habitat et à la disponibilité des proies : dégradation de l'habitat et diminution des décharges. D'autre part, les causes directes : empoisonnement, tir, électrocution, collision avec des véhicules.
Les mesures à prendre sont urgentes et c'est pourquoi la LPO a établi un plan de sauvegarde de ce majestueux rapace.
Pour sauver le Milan Royal, baguage ou télémétrie ?Le Baguage permet de connaître le trajet migratoire, la fidélité aux lieux de nidification, la mortalité, la durée de vie, les quartiers d'hivernage, etc... Cependant d'autre techniques d'observation de ces rapaces existent, et notamment le principe de la télémétrie par satellite qui est une technique de localisation mondiale.
Pour cela, un petit émetteur, la balise Argos, placé sur le dos de l'oiseau, envoie régulièrement des signaux qui sont reçus par des satellites puis transmis à des stations terrestres. Les émetteurs qui sont fixés sur les Milans royaux pèsent 16 grammes et sont alimentés par énergie solaire.
«Notre objectif et de savoir sur de grandes distances et sur plusieurs années le déroulement de la migration, le trajet emprunté par les oiseaux et les quartiers d'hiver qu'ils fréquentent, ainsi que les sources de dangers potentiels» ajoute, Rémy Désécures. Cependant, le nombre d'oiseaux suivis par satellite reste limité en raison du coût très élevé de ces émetteurs : il faut prévoir environ 20 000€ par unité.
" Les retrouver longtemps par ici "
Pour protéger le Milan Royal, en parallèle de ces recherches, plusieurs dispositifs sont mis en place, tels que des placettes d'alimentation (badoirs) pour subvenir aux besoins alimentaires de l'espèce, la communication par les interventions dans les écoles pour prévenir des attitudes à avoir en faveur de la faune et de la flore, des mesures agricoles afin de maintenir une prairie naturelle, etc... « On espère pouvoir les retrouver longtemps par ici ...», conclut le Guide.
Suzana Sarkissian
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